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Université Inter-Âges de Normandie
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Marais de Carentan

Mardi 13 septembre 2011

Juste avant la rentrée, le 13 septembre, nous sommes allés à Carentan pour une visite pleine de découvertes dans le Parc naturel régional des Marais du Cotentin. Embarqués sur une barge « le Barbey d’Aurevilly » à Port Jourdan, nous avons suivi les méandres de la Douve, au milieu des marais, avec les commentaires très vivants du pilote, un gars du pays qui en connaissait tous les secrets. Région peu favorisée mais dont les habitants ont su tirer tant de ressources : l'élevage, la pêche, la tourbe ... Nous nous arrêtions au gré des rencontres de canards, d'oiseaux migrateurs, d'anguilles, avec l'espoir un peu fou d'apercevoir une mère ragondin transportant ses petits sur le dos et les nourrissant grâce à des mamelles placées à l’inverse de tous les autres mammifères ... Trois heures de détente, dans une nature préservée.
Une pause au village de Liesville-sur-Douve nous a permis de découvrir une étonnante église : l’Église Saint-Martin (voir l’encadré).
Après le repas pris à l'auberge de l'Ouve, nous avons visité la ferme familiale « Lait Douceur de Normandie » à Hautteville-Bocage. Bien nourris d'explications sur la fabrication de la confiture de lait, du caramou (caramel de beurre salé), de la confiture de pommes caramélisées, nous avons eu droit enfin ! à une séance de dégustation très appréciée.
Nous avons terminé par le port de Carentan. Présent depuis les Gaulois, il a toujours été protégé de l’ensablement par un savant système d'écluses. Napoléon 1er décida de le dégager en creusant le canal du Haut Dick avec l'aide de prisonniers russes et espagnols.
Le débarquement de 1944 occasionna d'importants dégâts, et ce n'est qu'en 1981 que l'activité portuaire de plaisance fut restaurée avec le Pont-Canal, long de 615 m, ouvrage unique en France. Ayant la forme d’une coque de navire renversée, il enjambe l'autoroute de Cherbourg, à la grande stupéfaction des automobilistes qui pourraient apercevoir un voilier voguant au-dessus de leur tête.

Michèle

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       Un peintre mystérieux.

Cette église est devenue le clou de la visite grâce au guide facétieux qui nous a entraîné dans un grand jeu d’énigmes. Des fresques avaient été peintes pendant la seconde guerre mondiale. Il nous en a tout dit, excepté le nom du peintre et les raisons pour lesquelles il était arrivé dans ce village en 1943, et fut enterré au pied de l’église, à sa mort, en 1947. Il a fallu attendre le retour à Caen et quelques recherches sur internet, pour savoir que ce peintre inconnu s’appelait Marcel Gaillard, né en 1886 et décédé effectivement en 1947. Il avait fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Rouen, fondé un groupe de la « Jeune peinture française » et avait été « Lauréat du prix de l’Afrique équatoriale ». Il fut ainsi qualifié de peintre africaniste. Il arriva de Paris pour s’installer à Liesville-sur-Douve en 1943, où il peignit les fresques de l’Église Saint-Martin et des tableaux. Ce sont ces derniers qui sont intéressants et qui révèlent ses vraies activités. Héros de l’ombre, il travailla pour les services de renseignements anglais, en vue du futur débarquement. Le curé du village était chargé de faire passer la ligne de démarcation aux œuvresd’art qui comportaient au dos, les informations destinées aux forces alliées. Le mystère reste presque entier sur ses actions d’espionnage, car peu de personnes sont en mesure de les attester. Le guide a totalement respecté cet anonymat.

Jean