Logo UIA-HSC

Université Inter-Âges de Normandie
Antenne d'Hérouville Saint-Clair

Accueil Informations Conférences Activités Sorties Vie de l'antenne


Journée à Paris

Mardi 26 Janvier 2010

Rendez-vous sous la Pyramide à 19h

Non ce n’est pas le titre d’un polar ! Mais le dernier rendez-vous de la journée que nous avons passée à Paris, samedi 19 février 2011. Au programme : visite du musée Guimet le matin, spectacle à la Comédie Française l’après-midi, puis temps libre dans les allées du Louvre.

Le Musée GUIMET

Il a été fondé à Paris en 1889 par Etienne Guimet, industriel lyonnais, passionné de religions orientales. Depuis, le Louvre lui a cédé ses collections asiatiques, recevant en échange les trésors égyptiens de Guimet.
Impossible de rendre compte d’une civilisation en une seule visite, nos deux guides, jeunes et enthousiastes, ont su pourtant nous arrêter devant quelques œuvres clés de la Chine et du Japon.
CHINE : « Zun Camondo », un éléphant-cratère en bronze du 14ème s. avant JC nous permet de mesurer l’ancienneté de cette civilisation. Ce récipient recevait l’alcool offert aux dieux. Le 7ème s. est représenté par une série de chevaux et de guerriers très réalistes, en bois ou en terre, enterrés avec leurs chefs. Viennent ensuite des objets du quotidien comme cette verseuse à bec de phénix, d’un gris-vert céladon, copié par la suite à Limoges. Nous apprenons la fabrication des meubles laqués : la résine du laquier est teintée de pigments noir, jaune ou rouge sang. Chaque couche séchée est poncée puis polie, attendant les suivantes. Ce revêtement serait inattaquable, même par l’acide ! Des incrustations de nacre y dessinent souvent des formes de dragons, animal bienfaisant, ou des paysages délicats. La statue d’une noble dame à chignons Ming du 8ème s. relativise nos canons de la beauté féminine. Enfin nous cherchons à nous familiariser avec les gestes des mains de toutes sortes de Bouddhas, exprimant la clémence, la sérénité ou l’absence de crainte.
JAPON : moins ancienne, cette civilisation n’en est pas moins impressionnante, copiant la Chine ou l’Occident, inventant ses propres modèles. Notre guide évoque la mythologie Shinto, religion toujours vivante. Un couple de frère et sœur donna naissance au soleil rouge Hinomaru, symbole du Japon, présent sur son drapeau et sur tous les dessins d’enfants. Les innombrables Kamis sont des esprits cachés en toute chose, du brin d’herbe, au moindre objet du quotidien, ils sont le refuge des esprits défunts, d’où, encore de nos jours, des cérémonies de bénédiction de téléphones portables ou le refus de jeter les objets. Le Japon est constitué d’un millier d’îles…ce sont autant de pas d’un géant glouton qui les a créées.
Si le bouddhisme fait son apparition en Chine au 6ème s. avant JC , il n’apparaît au Japon qu’au 6ème s. après JC et a donné naissance à bien des créations religieuses.
Quant à la fleur de cerisier à 5 pétales « sakoura », elle est présente partout, elle évoque le caractère éphémère de la vie. Le chrysanthème aux 19 pétales, lui, symbolise l’Empereur.
Devant la série des paravents « aux kimonos », nous nous interrogeons sur les significations possibles de ce choix décoratif. Ils servaient de cloisons mobiles dans la maison japonaise composée d’une pièce unique.
Enfin, le repas thaïlandais, pris au restaurant du musée, ajouta une dernière note, à cette matinée qui témoignait de la richesse multiculturelle.

Les Joyeuses Commères de Windsor de William Shakespeare à la Comédie Française (mise en scène de Andrès Lima).

Quand on pénètre pour la première fois dans « La maison de Molière », il y a de quoi être ému - par un si haut lignage et par le lieu lui-même, rempli de mots, de rires, de disputes et d’anecdotes. Les bustes des grands écrivains, dans la galerie, le fauteuil du Maître, la majesté de l’escalier central, les lustres, les rouges et les ors……
Cependant la salle Richelieu, théâtre à l’italienne, possède quelques inconvénients liés sans doute à son grand âge. Quelques commentaires partagés à la sortie me l’ont confirmé ! Les spectateurs, sur les côtés des corbeilles et des balcons se tordent le cou et n’embrassent pas du regard toute la scène. D’autres doivent jouer avec la nuque de ceux placés devant, se penchant tantôt à droite, tantôt à gauche. Là encore les pauvres cervicales en prennent un coup !
SILENCE !
Dans l'obscurité, le rideau se lève, des lumignons s'allument et nous sommes dans l'antre malfamé d'une taverne anglaise du XVIe siècle. D'abord quelque peu désorientés, nous entrons progressivement dans ce monde interlope où nous découvrons le personnage central Sir John Falstaff, désargenté, en quête de femmes riches pour se tirer d'affaire. Puis nous rencontrons deux bourgeoises de Windsor, ses cibles, car ce sont bien elles qui tiennent les cordons de la bourse de leur mari. L'un d'eux, Duflot, est maladivement jaloux.
Nous avons maintenant les principaux ressorts de la comédie. Nos deux commères, très modernes en définitive, vont nous entraîner dans les farces cruelles qu'elles jouent à Falstaff et au mari jaloux, tandis que la jeunesse triomphe des calculs des vieux barbons.
Tout cela dans une langue fleurie voire grivoise, au milieu des chansons de taverne de Purcell avec quelques allusions au répertoire contemporain de Madonna aux Rolling Stones !
Les comédiens sont formidables : des trognes, des bedaines, des masques ; tantôt ahuris, exaltés, emphatiques, naïfs, hâbleurs, tendres…avec des accents truculents (médecin juif, prêtre québécois). Une mention particulière pour Christian Hecq (monsieur Duflot/monsieur Duruisseau) qui déclenche le rire des spectateurs à chaque apparition. Bref, trois heures de bonne comédie teintée de mélancolie à la fin quand le héros s’interroge sur son âge et sur la cruauté de l’âme humaine.
Nous sortons du théâtre, le sourire aux lèvres, ayant oublié pour un temps la grisaille et la pluie.

« par les Joyeux Commères et Compères » : Annie, Monique, Bernadette, Michèle et Pierre-Antoine