Logo UIA-HSC

Université Inter-Âges de Normandie
Antenne d'Hérouville Saint-Clair

Accueil Informations Conférences Activités Sorties Vie de l'antenne


Voyage en Germanie

Du 9 au 16 juin 2015


Le saut Paris Roissy-Berlin-Tegel, à peine le temps de faire la connaissance de Nicole ma voisine, m’a rappelé, une fois encore que nous étions bien sur le continent des beaux paysages célébrés par les poètes, décrits par les écrivains et peints par les artistes. Belle promesse avant l’atterrissage.
De l’avion au bus et nous voilà sur la route de Dresde la ville martyre cruellement détruite par nos alliés anglais à des fins purement punitives. L’une de nos guides, Karin, passionnée d’histoire et pétrie de culture, allait vite nous expliquer non pas la guerre mais le passé et la renaissance de cette ville splendide. Le régime communiste avait déjà reconstruit les principaux monuments tout en conservant des ruines importantes en centre-ville pour témoigner de la barbarie de la guerre. La réunification a repris et accéléré le travail de mémoire. La ville baroque ponctuée de nombreuses églises et monuments civils a retrouvé son décor d’avant-guerre, décor réinterprété par les architectes et urbanistes d’aujourd’hui. Les façades, traitées en îlots homogènes, respectent les formes et les couleurs anciennes mais le contenu est très contemporain. J’ai beaucoup aimé cette partie ancienne qui a reconstitué ses vieilles rues avec des cafés et magasins discrets et accueillants. Quant à la ville moderne, elle est toute en barres stylisées et finalement du meilleur effet. De notre hôtel jusqu'à la gare, c'est un chantier effervescent investi par les architectes qui poursuivent, dans la cohérence architecturale, la construction de ce qu'il faut bien appeler la ville nouvelle. Jeux de couleurs, reflets de formes, belles sculptures et avenues structurantes ponctuées de magasins grands et petits. Et puis au détour d'une place une tour penchée contemporaine défiant les lois de la gravité. Enfin, clôturant le périmètre central, la nouvelle gare et sa verrière magnifique, véritable œuvre d'art à ciel ouvert. J'aurais voulu parler des franges urbaines péri-centrales, franges édifiées par l'aristocratie et la bourgeoisie d'avant-guerre. Les constructions, aujourd'hui essentiellement occupées par des institutions, sont magnifiques. Les palais et les résidences bourgeoises, parfois encore en rénovation, donnent à ces quartiers un aspect cossu, élégant qui renvoie aux classes sociales aisées qui les ont édifiés. Je me suis plu à imaginer la juxtaposition des strates sociales à travers l'architecture de cette belle ville.

La parenthèse de POTSDAM nous renvoie à l’époque impériale de Frédéric II. C'est une plongée dans l'univers aristocratique du XVIIIe siècle avec sa belle architecture, ses rapports à la nature et aux jardins. C'est surtout l'univers de Frédéric II qui a créé (château du XVII ième remanié) à Potsdam un cadre propice au calme, à la méditation, à l'écriture, aux rencontres littéraires et politiques limitées à un cercle restreint d'amis et de relations. Dans ce château de Sans Souci et son parc splendide les chefs d'Etats (URSS, USA, et Grande Bretagne) mettront un point final à la Seconde Guerre mondiale (conférence du 17 juillet au 2 août 1945). Sous le charme du lieu on l'oublie.

Et BERLIN? Le volcan de l’Europe du XXème siècle. Est-ce que nous allions sauter avec!! Non quand même. Nous y immerger oui. Avec quels délices et quelle impatience! De ma première visite au début des années 1980, je n'ai gardé que des souvenirs épars. Le passage du Mur sous le regard glacial des « vopos»(volkspolizei), les photos de face , de profil , de quart et de trois quarts (je me moque) dans un cadre sinistre avec le sentiment d'être en zone interdite. A la sortie, je remonte Unter der Linden. Vides, les anciens Champs Elysées berlinois! Pas tout à fait. J’aperçois un disquaire où j’achète quelques très beaux disques de musique classique. Puis direction l’île aux musées. En contemplant les richesses archéologiques je ne pouvais m’empêcher de penser que je m’extasiais devant le pillage commis autour de la Méditerranée. Etrange sensation qui a gâché mon plaisir. Retour à l’Ouest où je voulais voir Kreusberg ce quartier déclassé «is» par les immigrés turcs et réinvestis par quelques bobos qui en ont entraîné d'autres. Puis le Berlin de l'Entre Deux Guerres et ses immeubles Art Nouveau et enfin la Kurfurstendam Strasse nouvelle avenue chic de Berlin. Je me souviens avoir visité «'églisesouvenir» symbole des souffrances endurées par les Berlinois mais la nouvelle église n'existait pas. Que de changements depuis. Je n'ai pas reconnu grand-chose.

Alors oui, j’ai, en votre compagnie, redécouvert Berlin avec gourmandise. L’Ouest commercial et l’Est historique dit-on. Pendant ces quelques jours j’ai gardé en arrière-plan« Berlin AlexanderPlatz» le roman d’Alfred Döblin et les discours récurrents de la guerre froide relatifs à Berlin. Je ne relaterai que quelques instants d’émotion intense. D’abord la découverte du Mémorial de la SHOAH. Un monument qui pour moi évoque l'abstraction ultime du drame absolu vécu par les Juifs. Je ne ferai pas de commentaire sur ces millions de personnes dont l'existence fut niée et heureusement ressuscitée par ce monument aussi austère que fut tragique leur destin. Près de là, une exposition alimentait la réflexion sur le contexte de la déportation et l'époque conflictuelle terminée par la Seconde Guerre Mondiale. J'ai apprécié ce moment et l'intensité émotionnelle qu'il a suscitée. Un deuxième moment, plus attendu, fut vécu à l'île aux musées avec le musée des antiquités pour mesurer la profondeur historique de la création humaine et l'importance que l'homme donne à la représentation des actes et faits marquants surtout s'ils sont le fait des puissants. Tout près, l'exposition «et expressionnisme» nous a offert quelques nouveautés picturales d’une époque (fin XIXe et début du XXIe siècles) où le basculement des représentations et sensibilités esthétiques et sociales est bien rendu par la peinture. Troisième moment très fort fut la découverte du Mur, de ce qu'il en reste et de ce qui l'a remplacé. Sur les soixante kilomètres du Mur, il n'en reste que quelques-uns portant les témoignages de la vie vécue des deux côtés, des tentatives de franchissement, des morts mais aussi des manifestations politiques ou artistiques pour protester contre son existence. J'ai bien aimé les représentations naïves ou sophistiquées qui sont autant de témoignages sur la vie autour du MUR. J'ai aussi appris l'existence d'un Mur humain avant la construction du Mur en dur. Pour éviter la fuite des Allemands de l'Est vers l'Ouest le régime avait encouragé les citoyens à faire des chaînes humaines pour dissuader ou empêcher le passage à l'Ouest. J'ai apprécié toutes les photos ou documents témoignant de cette réalité. La nouveauté concerne tout ce qui a remplacé le Mur et le «man's land» qui l’entourait.

C’est le paradis des architectes du monde entier qui rivalisent de talent pour reconstruire le cœur historique de Berlin mais surtout pour inventer un nouveau cadre urbain. Sur une grande partie du cours de la Spree les innovations architecturales se relaient pour édifier une coulée d’immeubles occupés essentiellement par des institutions (politiques, éducatives ou administratives). La chancellerie est un ensemble emblématique de ces nouveautés. Il est vain de décrire, il faut regarder et admirer. Mais puisque je parle d’admiration, partons pour la PotsdamerPlatz. Le futurisme se crée ici autour du centre-galerie SONY dont la voûte est un pur chef-d'œuvre.

N'étant pas architecte je n'ai pas de mots pour décrire la beauté du lieu. Pour tout amateur d'architecture contemporaine c'est une merveille. Tout un quartier du XXIe siècle sort de terre: formes, façades-reflets, perspectives, matériaux, fonctionnalités .tout attire le regard. Ultime lieu que je veux évoquer: l’église du souvenir située au carrefour de la Kleitstrasse et de la Kurfurstendam. L’ancienne église a été bombardée et seul reste debout le clocher percé d’un énorme trou de bombe. Clocher conservé en témoignage de l’horreur guerrière provoquée par les nazis qui ont fait de leur pays le lieu de tous les massacres, horreurs, spoliations et injustices. Pour transcender tout cela les Berlinois ont édifié, près de l’ancienne, une nouvelle église dont l’architecture semble minimaliste vue de l’extérieur. Dès que l’on pénètre à l’intérieur une atmosphère de spiritualité vous saisit. Les murs en béton brut ressemblant à des parpaings sont criblés de vitraux bleus, rouges, orangés et ocres. Dominant l’autel un énorme Christ moderne aux formes ciselées invite à la prière. Même les non-croyants peuvent ressentir intensément une invitation au recueillement. Bouleversant.

Je ne voudrais pas terminer ce propos, sans rendre hommage à nos deux accompagnatrices Anne-Marie ALI et Thérèse KOZLYK qui avec discrétion, efficacité, gentillesse et bonne humeur ont encadré ce voyage. Remerciements appuyés aussi à Brigitte COLLET qui a organisé le voyage avec une bonne humeur constante et une patience infinie, surtout quand il s’agissait de limiter les vagabondages intempestifs. Enfin, tous mes compliments à nos guides qui sans exception nous ont fait partager leurs connaissances et savoirs sur les trois villes visitées. Que dire de l’ambiance conviviale qui a incité le groupe, sous l’instigation de Lise, à fêter très chaleureusement mon anniversaire alors que peu de participants me connaissaient. Emotion garantie. Depuis je suis devenu propriétaire d’une Trabant aujourd’hui utilisée comme support publicitaire. Merci à tous.

Par son contenu, son organisation et son ambiance, un tel voyage honore l’Université Inter-âges.

Roger Calmès


Impressions

Je rêvais depuis quelque temps d'aller à Berlin et je n'ai pas été déçue.
j'ai bien aimé l'atmosphère de la ville, son architecture si variée, ses grands espaces verts mais ce qui m'ai ntéressée et émue c'est tout le côté historique.
Nos guides locaux et notre accompagnatrice ont vécu l'histoire de Berlin.
On a une perception de l'histoire pas du tout intellectuelle et c'est cela qui m'a passionnée.
J'ai trouvé que la visite de Dresde complétait bien le voyage.

Bernadette Sérazin

En route pour Berlin! 5h30 du matin notre GO Anne Marie fait le compte de ses ouailles, les charmants GM, pour la première fois et ce ne sera pas la dernière!!!
Nous découvrons DRESDE, BERLIN, POSDAM. Tout se passe pour le mieux: hôtels, visites, repas, goûters, bonne ambiance du groupe, anniversaire improvisé. Le temps passe vite… et nous rentrons au complet!!! Enchantés!
Un grand merci vivement l'année prochaine!

Rachel

Quelques photos ont été fournies par Thérèse KOZLYK et Philippe BATHEDOU.

Ces visites sont rapportées en détail dans le dernier FlashMag.