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Visite du Théâtre de Caen

entre rénovation et traditions

7 mai 2015


Depuis la création du TMC (Théâtre Maison de la Culture), en 1963 dirigé par Jo Tréhard, le théâtre de Caen n’avait jamais été rénové. Son plateau et sa régie encore gérés manuellement, ne correspondaient plus aux normes modernes et empêchaient même la représentation de certains spectacles. Un an de travaux a été nécessaire pour rénover la salle, les fauteuils, les moquettes, l’éclairage, le plateau, les loges, les régies générale et de plateau, l’entrée et la cafétéria.

Quand on pénètre à nouveau dans la salle, le sentiment de retrouver la même salle est manifeste: le plafond étoilé a gardé tout son charme. Saviez-vous qu'il y a autant d'étoiles que de places assises? Les lambris de palissandre ont gardé leur teinte chaude, la moquette sa douceur, (mais n'est-elle pas un peu salissante?) et enfin les fauteuils (qui firent souffrir bien des spectateurs) sont neufs et confortables. Mauvaise nouvelle pour les personnes de grande taille: la place pour les jambes est toujours mesurée! Dommage.

Après la rénovation, la scène a gagné en espace: elle fait maintenant 400 m2 et 18 mètres de haut. On ne dit pas gauche/droite, termes ambigus si l'on considère l'acteur ou le spectateur mais on dit cour/jardin. En effet la Comédie Française était placée entre les Tuileries (cour) et le Palais Royal (jardin). On disait aussi côté Roi ou Reine, car ils avaient leur loge de chaque côté de la scène. La pièce de théâtre est traditionnellement divisée en actes dont la durée correspondaient à la durée des chandelles. Il fallait un grand nombre de personnes pour moucher les chandelles du devant de la scène et des lustres dans les théâtres plus fortunés, éviter qu'elles ne fument et en changer. D'où l'expression «jeu n'en vaut pas la chandelle». Quant à l'acoustique qui était remarquable auparavant, beaucoup de soin a été apporté à la préserver en respectant la part des surfaces dites molles et celles qui sont dures, afin que la transmission du son reste optimum.

La régie d’en haut est maintenant gérée par des écrans de contrôle numériques et des ordinateurs: lumières et éclairages sont réglées de là haut et notamment un énorme canon appelé «la poursuite» qui suit l’acteur dans ses déplacements et l’isole dans une auréole de lumière.

Grâce à deux jeunes stagiaires, nous avons parcouru tous les lieux invisibles du public: le plateau, les cintres, la fosse d’orchestre, les ateliers de costumes, la régie, les loges.

Ce fut une visite passionnante d’autant plus que se mettaient en place l’opéra « Brundibar », œuvre de Hans Kràsa, musicien interné au camp de Terezin et jouée, de façon hypocrite, lors des visites de la Croix Rouge. Une rescapée de ce camp, s’est même déplacée de New York, pour asssiter à la première, invitée par la ville de Caen.


Cette visite nous a permis de connaître un certain nombre de pratiques et de termes propres au théâtreet je ne peux résister au plaisir de les partager. Dans un théâtre, comme dans la marine qui fournissait au XVIIe les ouvriers chargés de la régie, ne jamais parler de corde (mais de fil), ni de lapin (gare aux rongeurs), dire «» et non bonne chance, ne pas porter de vert (Molière est mort alors qu’il portait cette couleur) et n’offrez jamais d’œillets à un artiste (le mauvais œil?).

La boîte à sel est le nom qui avait été donné à l’accueil. La salle est composée d’un parterre et d’un amphithéâtre, réservés auparavant au public populaire qui restait debout. Il est devenu amphithéâtre et accueille les meilleures places. A l’inverse, le second balcon, jadis réservé aux loges aristocratiques, est devenu «poulailler».

Tous les visiteurs sont ressortis en ayant envie de voir ««les petits costumes attendaient sur des cintres, ou en se promettant de venir à la saison prochaine, dans cette salle accueillante.


Texte et photos: Michèle Guglielmi